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Au coeur du conflit

 

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Au coeur du conflit




Les personnages de la Grande Guerre dans l'Armentiérois

Louis Ferdinand Céline

Le 4 octobre 1914, les premiers éléments du 12erégiment de cuirassiers français débarquent à la gare d’Armentières. Parmi les cavaliers du 12e cuirassiers se trouve Ferdinand Bardamu qui est en route pour un voyage étrange : « un voyage au bout de la nuit ». Bardamu existe dans l’esprit de son créateur Louis Ferdinand Auguste DESTOUCHES plus connu sous le nom de CELINE. Quand celui-ci sort son roman en 1932, il s’inspire directement de sa propre expérience.

Mademoiselle From Armentières

A l’origine de la chanson, on retrouve l’anecdote d’un officier anglais ayant eu un geste familier envers une serveuse de café, la fameuse Marie Lecocq, qui lui répondit par une gifle. Red Rowland, alors âgé de 27 ans, et sergent dans l’armée anglaise, spectateur de la scène, s’en inspira pour écrire quelques couplets.

Mademoiselle from Armentières symbolise la femme, irremplaçable compagne de l’homme dans les moments de détresse et de désarroi.

En novembre 2008 Line Renaud inaugura la nouvelle statue dédiée à « Melle from ». Cette dernière, située près du carré militaire dans l’enceinte du cimetière civil, représente 4 soldats de différentes nationalités portant la fameuse demoiselle sur un pavois. Au début il n’y avait que trois strophes écrites par Red Rowland mais au fil du temps il y en eut 120 !

Auguste et Michel Mahieu

Auguste Mahieu, naquit à Armentières le 7 novembre 1887. Passionné de chasse il pratiqua notamment le safari en Afrique. Pendant la Grande Guerre, il fut affecté comme soldat de 2e classe au 56e bataillon de chasseurs à pieds, chargé de défendre le bois des Caures dans la Meuse.

Le 21 février 1916 ce fut le début de la bataille de Verdun. 9h après l’assaut allemand, il ne restait plus que 350 survivants sur les 1200 hommes des 56e et 59e bataillons.

Auguste Mahieu était de toutes les missions dangereuses. Sa section ayant épuisé toutes ses munitions dans un combat sans merci, il se porta volontaire pour aller en chercher de nouvelles. Ce fut en revenant avec sa lourde charge meurtrière le 22 février qu’un obus en provoqua l’explosion, le tuant sur le coup. Auguste Mahieu était décoré de la croix de guerre et était très estimé de ses camarades de combat. Aujourd’hui son nom figure dans la galerie de l’ossuaire de Douaumont, élevé à la mémoire des 400 000 soldats français tombés pour la défense de Verdun et destiné à rassembler les ossements recueillis sur les secteurs de ce champ de bataille.

Michel Mahieu vit le jour à Armentières le 1er octobre 1891. Élève studieux à l’institution St Jude, il réussit brillamment à tous ses examens. ll ne cessa de se distinguer, mais, travailleur acharné, il n’avait qu’une seule passion : l’aviation (celle de se consacrer à l’aviation).

Au-delà du fait qu’il fallait un certain courage pour se risquer à une telle entreprise, l’aviation en étant encore à l’époque des recherches, il est indéniable que la fortune familiale lui permit d’assouvir cette envie très coûteuse. En 1908, avec le concours d’un menuisier d’Armentières, Michel Mahieu réalisa un planeur plus perfectionné. L’engin s’éleva à près de 20 mètres et plana sur une bonne centaine de mètres. Le 22 septembre 1911 fut un jour de gloire pour Michel Mahieu.

A Issy-les-Moulineaux, sur un biplan, de type militaire voisin, il s’attribua le record du monde d’altitude avec un passager. En 58 minutes il atteignit la hauteur de 2460 mètres, battant de 160 mètres l’ancien record. Son exploit fut relaté par la presse internationale et sa réputation, franchissant les frontières, traversa l’Atlantique jusqu’en Amérique.

En 1912, appelé au service militaire, il devint pilote d’essai et durant la Première Guerre mondiale il se distingua dans l’aviation de bombardement. Mais dans la nuit du 2 au 3 mai 1918, après 174 bombardements, dont 140 de nuit, Michel Mahieu tombait dans les lignes ennemies. L’Armentièrois n’était que blessé, mais il fut achevé d’une balle dans la nuque par un implacable adversaire. Sa mort donna lieu à un communiqué de victoire de la part de l’état major allemand « Aujourd’hui nous avons descendu l’as Mahieu ».

Michel Mahieu était chevalier de la légion d’honneur, décoré de la croix de guerre avec six palmes, de l’ordre du mérite espagnol et de la médaille Sainte Anne de Russie.

Le nom des deux frères, qui fut donné en 1936 à une des rues de la ville, figure sur les plaques commémoratives apposées à la chapelle des trépassés de l’église Saint-Vaast et à la chapelle Notre Dame du Bon conseil de Saint-Jude. Ils figurent de même en Belgique, sur celle de l’église de Hollebeke, ainsi que sur le monument aux morts du village. Et non loin de là, du côté du Palingbeek, une stèle rappelle qu’à cet endroit s’élevait autrefois un immense château appartenant à ces deux français, tous deux morts pour l’indépendance de la France et de la Belgique.

Considérés comme étant des figures d’élite, les frères Mahieu, par leur force de caractère, entraient dans le monde des héros.

Ernest Deceuninck

Ernest Deceuninck est né le 26 mars 1877 à Saint André Lez Lille. Représentant de commerce, il vint habiter La Chapelle d’Armentières en mai 1904. Très vite entré dans ce que nous n’appelions pas la Résistance, il pris le nom de Jérémy Decoopman. Les missions commencèrent rapidement. A travers la Belgique et la Hollande, les lignes ennemies, Deceuninck parvint à gagner l’Angleterre. Il revint en France occupée, alors qu’il aurait pu tout aussi bien revenir à Armentières, tenue par les britanniques. Mais sa mission était d’aider les soldats français de la région à s’échapper avec Eugène Jacquet, Georges Maertens et Sylver Verhulst.

Le 11 mars 1915, un aviateur anglais, le lieutenant Mapplebeck, était descendu dans la région lilloise. Il fut activement recherché mais en vain puisque l’organisation Jacquet assura son hébergement. En juin l’aéronaute survolait encore la banlieue de Lille. Il laissait tomber un message on ne peut plus ironique ! car il s’excusait auprès du gouverneur allemand à qui il présentait ses civilités, de n’avoir pu le rencontrer durant son séjour en France.

Peu après l’organisation Jacquet était démantelée, ses membres furent arrêtés par les allemands et condamnés au peloton d’exécution. Dans la cellule des condamnés à mort, Ernest Deceuninck avait écrit à sa femme :

« A l’heure où je t’écris, il est exactement 4 heure de l’après-midi, le mardi 21 septembre. La sentence nous a été confirmée à 3h30. Tu le vois il me reste en conséquence encore bien peu de temps à vivre, environ : 13 heures. Pendant ces heures là, je penserai complètement à toi et à nos enfants, à mes parents qui ont toujours été si bons pour moi.

J’ai essayé en vain de trouver le sommeil, il n’est pas venu. Je n’ai fais que penser à toi, à Ernest et Gaston, ces deux pauvres petits enfants qui n’auront plus de père pour les guider dans la vie.

Sitôt fusillé, mon corps sera conservé dans un cercueil à la citadelle de Lille, sitôt l’évacuation de la ville par les Allemands, il te sera remis, je te prie de me faire enterrer civilement au cimetière d’Armentières, où tu pourras ainsi que mes enfants me rendre visite de temps à autre. »

Peu avant 5h, on vint chercher les 4 hommes. Ils entonnèrent « le chant du Départ ». En descendant dans le cour de la citadelle. Courageusement, la poitrine découverte, Ernest Deceuninck entrait dans l’histoire.

Le 11 novembre 1930 était inauguré le monument à Ernest Deceuninck et c’est le fils du fusillé qui découvrait la statue réalisée par le sculpteur lillois Van Pottlsberghe. Le corps d’Ernest Deceuninck repose désormais selon sa dernière volonté sous le monument aux morts à l’entrée du cimetière civil.

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