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Quand nos rues se souviennent de 1918

 

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Quand nos rues se souviennent de 1918




Le parcours

1. Place du Général de Gaulle, le Beffroi

L’Hôtel de ville fut bâti au XII è siècle.

Incendié une première fois par les Anglais, en 1339, détruit en 1382, de nouveau incendié en 1420, le Beffroi reçut le coup de grâce en 1477, par les troupes du Roi Louis XI.

Reconstruit en 1490, il ne changera pratiquement plus d’apparence jusqu’en 1914.

Les premiers obus du 20 octobre 1914 tombèrent autour du beffroi. La Municipalité fut évacuée une première fois, fin 1914. De nouveau investi en 1915 par les agents municipaux, il sera finalement abandonné en 1916, touché à plusieurs reprises par l’artillerie allemande ; néanmoins il restera encore debout. Il sera dynamité par les Allemands, dans la nuit du 02 octobre 1918, avant leur retraite définitive d’Armentières.

2.L’Hôtel des Postes

Il a été construit en 1886, à l’emplacement de l’ancien couvent des Capucins (dont la Chapelle contenait le tombeau du Comte d’Egmont).

Après la première occupation allemande, en octobre 1914, les allemands détruiront les installations télégraphiques. Malgré les bombardements quotidiens de 1914 et 1915, la Poste continuera de fonctionner.

En 1916, le bureau de Poste a été sévèrement atteint ; la Poste quitta les lieux pour gagner le Collège des garçons puis l’Ecole Nationale Professionnelle et enfin l’Hôpital civil.

En juin 1917, alors que la Poste quittait les locaux de l’Hôpital civil, un obus tomba au milieu des personnels en train d’évacuer. Cinq employés furent tués.

La Poste poursuivra son activité au Collège des garçons, avec une boite aux lettres.
Elle sera complètement suspendue, à Armentières, le 8 août 1917.Elle continuera ses services à STEENWERCK.

3.Rue Jules Ferry

L’entrée de la rue du Faubourg de Lille (aujourd’hui rue Jules Ferry) était dominée par la Tour POUCHAIN, et correspondait à l’emplacement de l’ancienne Porte d’Arras (rasée en 1838).

On pouvait observer la rue de Lille (autrefois rue d’Arras) et, à droite, la pharmacie DUFOUR, devenue en 1928, l’Hôtel des PTT.

La Tour Pouchain était le centre de l’administration et de commerce, de l’établissement Victor POUCHAIN, établissement de filature et de tissage de toiles.

Fin décembre 1914, les usines de tissages, recommençaient à travailler. En mars 1915, les usines fonctionnaient avec un effectif de 2900 ouvriers, dont la majorité étaient des ouvrières.

Dans les usines, on s’est organisé : un « Guetteur d’obus » avait pour rôle de distinguer les obus, de les signaler aux ouvriers qui pouvaient, ainsi, se mettre à l’abri, à temps.

Fin octobre 1916, sous le feu des canons, 8 usines restaient, encore, en activité, dont 5 tissages et 3 filatures, occupant 1164 ouvriers, 372 hommes et 792 femmes. Seuls 301 métiers à tisser étaient exploités contre 6000 avant-guerre.

Des grèves ont eu lieu fin 1916 : une augmentation de salaire de 10% avait été demandée…

Des primes de présence furent accordées.

La dernière usine s’arrêta en juillet 1917, le gaz Ypérite ayant forcé les armentiérois à évacuer la ville le 17 août 1917.

4.« Faux bourg d’Arras »

Anciennement appelée « Faux bourg d’Arras », construite en 1750, elle fut appelée ensuite « rue du Faubourg de Lille » ou « route nationale 42 Lille /Dunkerque », elle devint en 1936 la rue « Jules Ferry ».

Au bout de la rue, on peut voir le Tissage DEWEPPE : ce bâtiment contenait un grand abri, la cave, où malheureusement périrent plusieurs dizaines de soldats anglais, par le gaz Ypérite. En juillet 1917, dans la nuit du 28 au 29, 36000 obus de tous calibres, se sont abattus sur la ville.

A gauche, nous observons le Crédit du Nord : à la fin du 19è siècle, de nombreuses banques s’installèrent à proximité de la gare.

Au loin, sur la photo, on aperçoit les ruines de la flèche de l’Eglise Notre Dame, coupée en deux.

5. L’ex-Ecole de Musique

La rue poursuivait son tracé, à peu de choses près, avec les « Promenades publiques », correspondant à l’emplacement des fortifications de la ville, détruites en 1668. La rue fut ouverte en 1859 afin de faciliter la circulation des véhicules empruntant la route Lille/Dunkerque. On l’appela d’abord « rue du faubourg à faubourg » puis « faubourg de Lille » puis « rue des faubourgs « ; elle deviendra « la route impériale » jusqu’à la chute de Napoléon III en 1870 et enfin « rue Nationale ».

A droite, on observe l’ancienne banque régionale du Nord, fondée en 1876. Dans cette rue, un club était ouvert, avec une salle de lecture, où se réunissaient pour se détendre les « Tomies ». Il y avait une grande enseigne, un long calicot de toile, avec une inscription surplombant la porte du lieu : YMCA : Young men’s christian association. Ce local était dédié aux troupes ; c’était un lieu de détente, l’équivalent d’un foyer pour soldats.

C’était l’école de musique jusqu’à il y a encore deux ans.

6 & 7. Notre Dame du Sacré Cœur

En septembre 1873, la première pierre de l’édifice fut posée. L’église fut terminée le 13 juillet 1879, sous la direction de l’architecte DUTOUQUET.

Elle subira, dès 1915, les bombardements de l’artillerie allemande. Le 1 er juillet 1916, entre 7h30 et 11h30, l’artillerie la visa tout particulièrement.

Les coups de canon semblaient provenir du Fort de Vert Galant ; des munitions de calibre 150 mm sont tombées sur l’église. Un avion allemand survolait la place de la République, a ajusté le tir. A 9h00, la flèche de l’église Notre Dame s’écroula. L’église reçut à elle-seule pas moins de 33 obus. D’autres tombèrent encore sur l’hospice des petites sœurs des pauvres et l’établissement saint-Joseph, transformé pour l’heure en ambulance.

L’église sera souvent photographiée par les anglais et les allemands jusqu’à sa destruction par les allemands le 2 octobre 1918 (7). Dynamitée à leur départ, re-construite en 1928 par l’architecte TRANNOY, ce superbe édifice, élégant et léger, avec ses deux tours en pierre rose d’Alsace, donne de l’allure au quartier de la République.

8 & 9. l’Ecole Nationale Professionnelle (ENP)

Créé le 6 novembre 1887, ce vaste et coquet établissement, d’une superficie de 4 hectares, a été conçu par l’architecte Charles CHIPIEZ.

Les ateliers de l’ENP ont été réquisitionnés dès le début de l’année 1915, par l’armée anglaise et convertis en usine de guerre.

Y étaient fabriquées des grenades à main, les fameuses « Pippin band grenades », inventées par l’ingénieux capitaine NEWTON.

On y produisait également d’autres matériels de guerre tels que des lance-grenades, bombes, lance-bombes, des porte-fusils périscope, des mortiers de 100 mm, des cache-flammes de mitrailleuse et du petit matériel de transport et de tranchée.

Jour et nuit, 300 à 400 ouvriers civils accompagnés d’une centaine de militaires anglais, oeuvraient sous les ordres du capitaine NEWTON et des contremaitres de l’ENP. Ils fabriquaient un véritable arsenal pour l’armée anglaise.

Pendant ce temps, dans un ballet incessant, des ambulances de cette même deuxième armée britannique, venaient déposer les blessés des lignes de Front, dans les 335 lits dont disposait l’ENP. Le dortoir accueillait malades et blessés ; les salles de manipulation abritaient les services techniques où étaient réalisées les analyses médicales et plus tard les recherches sur les gaz de combat.

D’autres salles de classe servaient à tirer ou agrandir des cartes d’état- major, « la Royal military Police » avait également pris ses quartiers à l’école ; c’est aussi là que se déroulaient, depuis 1916, les opérations de la Commission de ravitaillement dédiées à la distribution des rations mensuelles à la population ; un YMCA y était même établi.

L’école entière était militarisée, malgré les bombardements existant depuis le début du conflit. Le 12 novembre 1915, une trentaine d’obus de gros calibres atteignirent l’école, provoquant un véritable carnage dans les troupes anglaises cantonnées dans ses bâtiments. 23 hommes furent tués et beaucoup d’autres, blessés. A partir de cette date, on commencera à évacuer les machines, de l’école vers Hazebrouck, pour continuer le travail de fabrique d’armement. L’école ne sera plus utilisée par l’armée anglaise à partir de 1917, trop souvent visée par l’armée allemande. Elle sera reconstruite à partir de 1921.

Elle recevra une citation par le Maréchal de l’Empire Britannique, PLUMER, le 15 octobre 1925 et en mai 1938 lors du 50è anniversaire de l’ENP ; la Légion d’Honneur sera remise à l’école, pour ses Faits d’Armes.

10. Le Collège des garçons

Le 6 août 1883, fut inauguré le Collège des garçons, dans les pâtures du Crachet, en pleine campagne.

La rentrée d’octobre 1914 fut vite interrompue car le collège fut réquisitionné par les cuirassiers et les dragons venus défendre les ponts autour de la commune d’Armentières.

Occupé une première fois par les Allemands, entre le 9 et 17 octobre 1914, le collège fut complètement vidé de ses élèves, le 8 novembre 1914.

Pendant toute la durée des hostilités, le collège fut occupé par les Anglais ; une seule exception : après l’offensive Georgette, du 11 avril au 2 octobre 1918, ce sont les Allemands qui occupèrent les lieux.

A la fin de la guerre, le collège était dans un état de délabrement important : toitures effondrées, murs criblés de trous d’obus…

Le 22 mai 1921, un banquet, organisé à l’occasion de la remise de la Croix de Guerre à la ville par le Maréchal FOCH, se déroula dans le dortoir, remis à neuf. Les travaux de réparation ne s’achèveront que vers le début de 1923.

11. La ligne de tramway électrique

Avant guerre, il existait deux lignes « de’l car électrique », créées en 1900.

Sous l’égide de la compagnie des tramways d’Armentières, deux lignes, à voie unique, reliaient, l’une la gare à l’église du Bizet, l’autre l’extrémité de l’actuelle rue Jules Ferry à Nieppe. On payait 2 sous.

Il existait également « l’car à vapeur », créé en 1887, de la Compagnie des Chemins de fer économiques. Celui-ci relia, pendant de nombreuses années (jusqu’en 1932), Halluin à Armentières. Le car à vapeur, système CARELS, roulait à 8Km/h puis sorti d’Armentières, roulait à 20Km/H. Il y avait 6 rotations.

Pendant la guerre, les lignes de rails furent utilisées soit par les Anglais sur un tronçon, soit par les Allemands sur l’autre tronçon, pour le transport de munitions, de matériel ou d’hommes…vers la ligne de Front.

Malheureusement, les bombardements soutenus détruisirent totalement lignes et matériels. Ce n’est qu’en 1920, qu’une partie de la ligne, à partir d’Halluin, sera remise en service, mais avec une fréquence de liaison moindre (3 rotations). Quant au tramway électrique, la guerre lui sera fatale : il n’y aura pas de reprise après la guerre.

12. Motte Cordonnier, rue de Dunkerque

Voie, sans doute la plus ancienne (elle daterait du 14è siècle) et la plus importante d’Armentières (avec la rue de Lille), elle était appelée en 1510, la « rue du brulle » du fait des nombreux incendies qui dévastèrent la cité et dont certains auraient pris naissance dans cette partie de la ville.

Au début du conflit, MOTTE-CORDONNIER se trouvait au 102 rue de Dunkerque. Cet emplacement avait été choisi de par sa proximité des voies fluviales de la Lys, permettant notamment l’acheminement de l’orge par péniche. La date de la fondation de la brasserie MOTTE-CORDONNIER remonte au 17è siècle, vers 1650. Rénovée en 1914, elle brulera en juillet 1917 et sera dynamitée une dernière fois en octobre 1918 par les Allemands avant leur retraite.

Il existait 4 grandes brasseries avant la guerre : MOTTE-CORDONNIER, BREUVART, LESCORNEZ qui se suivaient dans la rue des Flandres et DROULERS près du Pont National. Il existait plus de 400 estaminets à Armentières, avant guerre. D’ailleurs, la guerre fut un marché très lucratif pour les brasseries…

La brasserie MOTTE-CORDONNIER sera reconstruite en 1922 au bout de l’avenue Bayart.

13. la maison du gouverneur

La rue de Dunkerque était une rue piétonnière, malgré la présence du tramway.

A gauche, nous observons la maison du gouverneur, véritable bijou, style Renaissance.

C’était l’ancienne demeure du Comte MONTECUCULLI, gouverneur d’Armentières alors que nous étions sous domination espagnole. C’était par le pont de Flandre que furent entrées chez nous, les troupes de Louis XIV, face à la maison du gouverneur. Cette maison fut aussi habitée par le Comte D’Artagnan, qui fut nommé Gouverneur ; sa mission était de surveiller tous les mouvements, à partir de ses fenêtres.

En 1914/1918, c’était sur ce pont que sont passées toutes les Formations de l’armée royale britannique. Les Armentiérois allaient volontairement « hors le pont » aux marchés aux toiles. Ce témoin du passé a disparu pendant la grande guerre. Il est aujourd’hui remplacé par le n°17, rue de Dunkerque. Le pont, quant à lui, a disparu en 1974, date à laquelle la Lys a été détournée.

14. l’histoire de Saint Vaast

La date de ses fondations est imprécise. L’église existait en 867 ; elle a été ensuite saccagée, brûlée, rasée, à plusieurs reprises (notamment par Louis XI). Elle renait de ses cendres, en 1488, à l’endroit actuel.
Le clocher, trapu, était d’abord placé au milieu de la grande nef.

En 1847, elle connait d’importantes transformations : le clocher (la flèche) est déplacé et édifié à l’entrée ;

En 1898 ; elle a été dotée d’orgues magnifiques.

Bombardée à plusieurs reprises par l’artillerie allemande dès 1914, elle subira les assauts répétés des bombardements en 1916 et 1917 occasionnant d’énormes dégâts. On évacuera les derniers vestiges de l’église (tableaux, statues) en mars 1918 ; en octobre 1918, les allemands dynamiteront la flèche et son clocher avant la retraite, ceci pour empêcher les alliés d’utiliser le clocher comme tour d’observation.

Elle fut reconstruite en 1929 par Louis CORDONNIER.

15. l’histoire des Halles

Construites en 1878, les halles servaient essentiellement aux marchands au détail, ambulants ou non.

On y achetait de la marchandise, organisait des bals.

Régulièrement bombardées dès le début du conflit, les halles ont subi les obus incendiaires de 1917 et se sont écroulées définitivement en 1918, suite aux intempéries et bombardements continus de l’artillerie allemande.

La salle des fêtes a été reconstruite par CORDONNIER en 1920.

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